Elrina O’Brien

Elrina aime les images, les mots, les chiens et le chocolat.

Elle dit des mots: « j’adore tout des mots, leur texture, leur sens, leur musique… ». Très autiste 🙂 Car oui, Elrina O’Brien est autiste.

Il y a 11 ans elle fait d’une de ses passions son activité professionnelle. Elle devient photographe professionnelle, spécialisée dans la photographie costumée.

Mais en 2020 la crise sanitaire frappe, ses contrats sont annulés. Qu’à cela ne tienne, Elrina s’adapte: elle évolue vers la photographie de mariages.
J’aime son approche décalée dans le choix des angles, des visuels:

©Elrina O’Brien

Puis elle ajoute les séances en studio, en plus de ses prestations itinérantes à domicile.

Pour son amour des mots, Elrina écrit et auto-édite un livre: « Ce que tu touches« . Un récit initiatique bouleversant, à travers l’histoire d’une petite fille de 6 ans qui a peu d’interactions sociales, jusqu’au jour où elle rencontre un grand chien qui semble lui parler. Tout au long du livre, la petite fille grandit et surmonte les grandes épreuves de la vie que sont le deuil, l’amour et la résilience.

Ce que tu touches, Elrina O'Brien

Son style d’écriture est reconnu comme très singulier: précis, net, pesé, ordonné, mais simple à comprendre. Pour Elrina, cette recherche du mot juste est naturelle. « Je suis très sensible aux sons intrinsèques aux mots, j’y suis sensible. Et je suis sensible aussi à la façon dont le mot va avoir une « texture » dans ma bouche si je lis à voix haute une phrase, il faut que ce soit confortable à prononcer pour mon palais, ma langue. » Encore un bel exemple de synesthésie et de pensée autistique.

C'est par ce livre qu'Elrina découvre qu'elle est autiste. En effet, une de ses lectrices lui fait remarquer que son personnage principal est clairement autiste. Or cette petite fille sage, ordonnée, isolée, c'est elle. Elrina se renseigne sur le sujet et décide de se faire diagnostiquer. Et tout son parcours s'éclaire…

Ses passions sont multiples: il y a aussi et surtout les chiens, sa créature préférée au monde.

Et le chocolat. Elrina en fait des objets d’art. Elle partage ses œuvres culinaires et recettes végétaliennes sur sa page Facebook Plats de dimanches et de jours de flemme.

chouette en chocolat ©Elrina-O'Brien
©Elrina O’Brien

En plus de tout ça, Elrina a un IS: le fonctionnement du cerveau « et spécialement du système limbique ».

Elrina vit à la campagne dans une maison avec son chéri (qui a un TDA/H, ils forment une super équipe), leur cinq chiens, trois chats, trois chèvres. Son cheval vient de mourir tout récemment.

Interview

Ton nom est celte, as-tu un lien avec l’Irlande, les druides, Brocéliande ?
Je suis née en bretagne, mais mon lien avec l’Irlande est « juste » émotionnel. Je suis tombée amoureuse de ce pays, j’y ai vécu et je m’y suis toujours senti chez moi. Je n’ai pas pu y retourner depuis longtemps à cause de la pandémie, mais cela me manque comme si j’étais déracinée.

Comment définis-tu ton art photographique, comment aimerais-tu le faire évoluer ?
J’aime la photographie mais je ne suis jamais satisfaite de mon travail. J’adore particulièrement photographier des détails. Je crois que j’aime dans la photo exactement ce que j’aime dans l’écriture, quand il y a une harmonie. Il y a toujours un moment où ce que je vois dans mon objectif fait sens, comme si ça racontait une histoire de façon belle. Mais ce qui est frustrant pour moi c’est que je n’arrive jamais à faire la photo que je veux car j’ai des difficultés en technique, j’oublie d’une séance à l’autre comment faire mes réglages et dans quel ordre, où se trouvent les boutons… il me faut des fiches ! Je dois m’améliorer en technique !
J’aimerais beaucoup me spécialiser dans le portrait de chiens, je fais pas mal de photos à la SPA, ça me plaît énormément, ça allie plusieurs de mes passions 😊

Tu as de multiples talents, par exemple l’écriture. As-tu un deuxième livre en projet ?
J’ai écrit un livre sur l’autisme qui est en lecture chez une éditrice. J’aimerais aussi retravailler un roman que j’avais écrit quand j’étais beaucoup plus jeune. Je ne fais pas beaucoup de projets à long terme en écriture, car c’est assez particulier. Quand j’écris, les mots sont « déjà là », comme si l’histoire s’était écrit dans ma tête à un endroit auquel je n’avais pas accès. Alors c’est difficile de planifier, de se dire « je vais faire tel type de récit, sous tel format » …

Et la cuisine ? Une de tes passions… As-tu une spécialité ?
Pour la cuisine, j’adore la pâtisserie. Je suis végétalienne donc je travaille toujours sans produits animaux. J’aime beaucoup faire des choses « impossibles », par exemple la pâte à choux sans œufs ! Et j’adore faire des animaux en chocolat 😊

Qu’aimerais-tu dire à un.e autiste qui rêve de vivre de ses talents ?
Je pense que vivre de son talent est complexe, avoir un travail quand on est autiste est complexe, alors vivre de son talent en étant autiste est improbable. Cependant, j’aimerais que tous les autistes reconnaissent qu’ils ONT un talent, une qualité, même si ce talent ou cette qualité n’est socialement pas reconnu.e ou glorifié.e.



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