Le camouflage

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Ah, si c’était toujours aussi artistique, le camouflage…

Les autistes comprendront 🙂

Le camouflage c’est LA grande activité de l’autiste Asperger, dès tout petit petit.

Parce que très rapidement dans la vie, nous nous rendons compte que notre façon d’être dérange grave.

Passer pour un dézingué du ciboulot, un excentrique perturbant, un niais qui ne saisit pas l’évident, un malpoli arrogant, en plus si tu es premier de la classe et que tu portes un appareil dentaire et/ou des lunettes, et bien c’est douloureux. Surtout ado.

communication autiste asperger

Et ça isole du reste du groupe, de l’espèce humaine.

Alors pour éviter solitude et ostracisation, on camoufle notre autisme. On se sur-adapte. On observe ce que font les autres et on copie, on imite. On ne la ramène pas, on fait profil bas. On se fond dans le moule, on amenuise notre lumière et on fait rentrer un carré dans un rond, à grands coups de marteaux psychologique et émotionnel.

Au point que notre identité et notre personnalité se diluent, se dissolvent, voire disparaissent.

Parce qu’il ne s’agit pas de camouflage au sens déguisement ou militaire. Quand tu portes un déguisement tu restes toi, dessous. Là, pour les autistes, c’est plus profond: il s’agit de NIER qui tu es. De ne pas montrer tes vraies pensées et comportements naturels. Il s’agit de ne JAMAIS retirer le camouflage, et de faire semblant d’être autre tout le temps.

Imagine si tu devais te déguiser en extra-terrestre pour Halloween (parce que oui, les neurotypiques sont des extra-terrestres, à nos yeux), et te comporter comme un extra-terrestre, auquel tu ne comprends rien, en plus, et le lendemain tu ne peux PAS retirer ton costume et redevenir toi-même, sous peine de moqueries, harcèlement, abus, discriminations. Tu dois le garder à vie.
Tu ne peux le retirer qu’en présence de gens comme toi. C’est pourquoi les réunions entre autistes nous sont si indispensables.

A l’âge de 52 ans j’ai suivi des séances d’EMDR pour purger un vieux traumatisme. Je ne savais pas encore que ma différence c’était l’autisme. Dès que le praticien m’a posé la fameuse question: « Que puis-je faire pour vous aider ? », les mots qui sont sortis de ma bouche, à ma grande surprise, ont été: « Je ne sais pas qui je suis ». A 52 ans. Alors que j’ai bien bourlingué. Voilà voilà.

Depuis j’ai rencontré le spectre, embrassé le spectre, valorisé le spectre. Je suis autiste sans réserve et sans placard. Je le dis, je le vis, et c’est à prendre ou à laisser.

Parce que c’est la seule condition pour arrêter le camouflage et me réconcilier avec moi-même. M’accepter. M’aimer. M’épanouir.

meme autiste

A ne pas confondre avec incognito… 🙂


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